T.S.

T.S.
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Aujourd'hui j'ai 19 ans, paraît que tout va bien dans ma vie... En vrai je fais semblant, mais je m'accroche et je respire. Je fais partit de ces jeunes perdus, souriant par politesse, entourés mais pourtant si solitaire... 19 ans de vie, 38 ans de larmes versées dans le noir quand le silence blessait mon âme. Plutôt banal pour une gosse de mon âge, le c½ur balafré de rage j'aimerais pouvoir vivre en marge, cette vie de merde n'a que le goût d'un somnifère mais je me dois de les rendre fier eux qui me croient si solitaire.
Si vous saviez seule dans ma chambre comme je souffre, j'ai le mal de l'ado en manque à bout de souffle... Eux ils sont fort, moi je ne suis rien, rien qu'un môme en tort face à l'adulte je le sais bien mais ne rabaisser pas un jeune qui peut paraître à l'abris, car vos mots le pousseront à mettre un terme à sa vie...

Au nom des jeunes incompris qui luttent contre eux même, au nom de ceux qui savent combien nos vies sont malsaines. Toujours sourire et faire semblant de s'aimer, mais dans le fond on se déteste on aimerais pouvoir céder. Pourquoi l'adulte ne sait pas ce que je sais, pourquoi me prend il pour une môme quand il croit me renseigner. Pourquoi m'empêcher de grandir avec mon temps, pourquoi me faire croire que la vie n'est qu'une suite de bon temps.
Ne vois tu pas sur mon visage comme j'ai mal, comme je ne te crois pas quand tu me parles d'espoir. Ne vois tu pas cette ambition qui me ronge, cette envie de faire parti de ceux qui ont marqué le monde. Selon vous je vois trop haut, j'ai des envies démesurées, arrêtez de voir trop bas, ne chercher pas à nous tuer, laissez moi libre sur terre et dans ma tête vous êtes faibles donc ne faites pas de moi ce que vous êtes.

Hôpital Mignot, 2008, j'étais en train d'agoniser, moi je n'ai pas osé le flingue. tout en douceur j'ai gobé mes cachets, en douceur je partais me cacher tout la haut... Claire, petite fille fière et bonne élève a tenté de fuir la vie à coup de somnifères sur les lèvres... Claire, si forte aux yeux des gens, marquée à vie par son trop plein d'intelligence... Les jeunes comme moi savent que nous ne sommes pas comme eux, peut être que l'on en sait trop, peut être que l'on ne vaut pas mieux, mais ce qui est sur c'est qu'on voudrais devenir quelqu'un, quelqu'un de bien parce que nous repartons de rien. Et peut être qu'un jour on pourra regarder nos mères et leur dire pardon de ne pas avoir su te rendre fière.

PS : Ce que j'ai fait s'appelle une T.S.
Pour certains un S.O.S, pour d'autres une preuve de faiblesse.

# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:24

Back to basic

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Dès sa naissance un versaillais sait qu'il se devra d'aller très loin. Déjà pour se rendre à la capitale il est obligé de prendre le train. J'ai grandie dans cette ville construite autours d'une petite cabane de chasse où le poids de l'histoire te rappelle qu'il faut que tu t'effaces afin de rentrer dans un rang d'enfants tous très sympas dont les principaux passe-temps sont le scoutisme et le bénévolat.
Le carcan social est lourd, tout comme la masturbation rend sourd. C'est ce qu'ils me répétaient au catéchisme après les cours.
Jamais un versaillais ne sera capable de faire de mal à une mouche, c'est impossible puisque au fond de lui il respecte bien trop la vie. Moi c'est en grandissant à leurs côtés que je suis devenue un fervent défenseur en faveur de l'avortement ainsi que de l'euthanasie.
Pour savoir à quoi ressemble une ville de province dans les années '60. Il n'y a pas besoin d'inventer de machine à remonter dans le passé, en partant de Paris il suffit de prendre le bon RER C . Je suis inquiète, toutes les rues d'ici semblent avoir une maladie.
Je ne suis pas docteur ès ville mais je crois bien que c'est l'ennui.


Peut-être que ma ville n'est pas Hip-Hop mais il y a quand même plusieurs taggers. Le plus présent est sans nul doute celui qui signe partout " Vive le Roi ". Il y a aussi " La France aux français " mais son style est nettement plus démodé.
Le soir il n'y a rien à faire à part prendre des verres Place du Marché.
Si les parents de François s'absentent il y aura sans doute un squat organisé. Nous y descendrons quelques packs de Kro en écoutant du rock et fumant des joints. Il n'y aura sûrement pas de filles mais l'alcool et la drogue c'est déjà bien, car nous sommes des rebelles sans causes depuis que l'argent nous les a enlevées.
Certains vivent même dans des camions et font de la Techno dans la forêt . Et chaque jeune a dans son placard un T-shirt à l'effigie du Ché; même si la plupart sont incapable de pouvoir expliquer qui il est.
Enfermés dans leurs chambres Jean-BenoÎt et Nicolas écoutent les Pink Floyd en rêvant de fonder un groupe de rock pour pouvoir vivre de leur musique. Mais perdus entre les 3 Avenues ils entendent la ville leur chuchoter qu'un vrai métier c'est Architecte ou Professeur de Mathématiques.


Tous sont persuadés de faire partie d'une élite éduquée, alors que tous se piquent leur place dans la queue de la Boulangerie ou du Marché. Je ne connais pas d'autre endroit où à 40 ans les femmes portent encore le serre-tête en velours, attendent un douzième enfant et vont se confesser tous les jours.
C'est d'ailleurs ici que plein de jeunes ont rencontré notre Seigneur Jésus, j'ai beau arpenter les rues, pas de chance je ne l'ai jamais vu.
Marie-Charlotte aimerait me faire croire qu'elle a quelques amis basanés, mais ce ne sont que Pierre et Louis qui rentrent bronzés de l'Ile de Ré.
Dans la Bibliothèque Municipale le temps semble soudain s'être arrêté. Ce qui n'empêche personne de réviser pour Sciences- Po ou HEC. Ici bizarrement il y a des choses dont on ne parle pas, comme du nombre de jeunes qui chaque année se suicident en Classe Prépa . Ils pourront dire tout ce qu'ils veulent sur le 11 Septembre et ses évènements, pour moi ce ne sont que des versaillais voulant capter l'attention de leurs parents.

Je pourrais partir, 20 ans à mon retour rien n'aurait changé.
Quoi qu'il advienne je porte en moi d'être née sous le signe du V.

# Posté le jeudi 05 juillet 2007 19:04

Modifié le samedi 07 juillet 2007 08:06